Le sénateur Duplomb veut à nouveau autoriser l’utilisation de deux insecticides interdits

Benjamin Lucas-Lundy, député « Écologiste et social », le 03/02/2026 ©PurePolitique

En politique, comme dans la vie, la persévérance est une qualité. Mais il ne faut pas la confondre avec l’entêtement. C’est ce que fait malheureusement le sénateur LR Laurent Duplomb. On s’en souvient, le Conseil constitutionnel avait retoqué un des articles de la loi qui porte son nom. Celui qui réintroduisait notamment l’acétamipride, un insecticide toxique pour les abeilles. On rappelle que les bestioles en question assurent 80 % de la pollinisation des plantes.

Avant même cette censure, une pétition contre la loi Duplomb avait été lancée. Elle a réuni sur le site de l’Assemblée nationale deux millions cent mille signatures. Un record. Avec pour premier résultat la tenue d’un débat dans l’hémicycle. Il se déroulera ce mercredi 11 février. Coïncidence, le 2 février, le sénateur Duplomb est reparti en campagne si l’on ose dire. Il a déposé une proposition de loi réintroduisant deux néonicotinoïdes interdits.

Pour éviter une nouvelle censure, il a pris soin de limiter ce retour des pesticides interdits à quatre filières : la cerise, la betterave, la noisette et la pomme. Le Conseil constitutionnel lui avait en effet reproché de ne pas préciser la durée de l’autorisation et les filières concernées par celle-ci. Cette proximité des dates n’est pas du goût d’Aurélie Trouvé.

Il le fait à une semaine, une semaine, du débat en hémicycle sur la pétition contre sa loi. C’est vraiment une provocation trumpiste totale. Dans ce débat qui aura lieu mercredi prochain, je serai co rapporteure, et que par ailleurs la veille nous organisons un grand coloc à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot et moi, avec des scientifiques, avec des associations de santé publique et avec des organisations professionnelles agricoles pour leur donner la parole. Parce que beaucoup de ceux-ci n’ont pas eu la parole, y compris dans les auditions qui ont été faites lors de la proposition de loi Duplomb, puisque c’était une proposition de loi sans étude d’impact.

Aurélie Trouvé, députée « La France insoumise », le 03/02/2026

Manger du cancer

Du côté des écologistes, on dénonce ceux qui veulent nous faire manger du cancer.

Monsieur Duplomb est un obsédé. Un obsédé du cancer, et un obsédé de la soumission aux lobbies, visiblement. Puisqu’il a décidé de consacrer l’ensemble de sa vie parlementaire, on retiendra le nom de monsieur dans l’histoire, si tant est que monsieur Duplomb entre dans l’histoire, je n’espère pas pour nous tous, mais on le retiendra comme celui qui, de façon acharnée, a voulu traduire dans la loi les volontés des lobbies agroindustriels.

La volonté de ceux qui veulent nous faire manger du cancer. C’est ça en réalité aujourd’hui. La volonté de ceux qui s’affranchissent totalement de la science. Donc vraiment c’est un triste personnage. Nous on était mobilisés contre la loi Duplomb première version. Nous avons été rejoints en ça par des millions de nos concitoyens, par une écrasante majorité de l’opinion publique. On continuera à tout faire pour protéger l’alimentation, la santé de nos compatriotes.

Benjamin Lucas-Lundy, député « Écologiste et social », le 03/02/2026

Les socialistes soulignent l’aspect trompeur de la proposition de loi du sénateur Duplomb.

Il s’agit là pour monsieur Duplomb de réintroduire de nouveau à la fois l’acétamipride mais aussi un nouvel insecticide qui va être dans la même famille des néonicotinoïdes, et nous voulons tout simplement réaffirmer aujourd’hui qu’il s’agit d’une tromperie. Tromperie à l’égard du monde agricole, qui a de vraies attentes en matière de revenus, en matière de renégociations des équilibres commerciaux. Ce type de loi ne va pas du tout résoudre la question des crises successives dans le monde agricole.

Mélanie Thomin, députée « Socialistes et apparentés », le 03/02/2026

Ce débat dans l’hémicycle ne sera malheureusement pas tranché par un vote. Mais il permettra de prendre la température de la mobilisation contre les lobbies agricoles prêts à sacrifier la santé – à commencer par celle des agriculteurs – sur l’autel des rendements. A la veille des municipales, les positions défendues par les uns et par les autres ne seront pas sans conséquences.

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