
La reprise des hostilités dans le détroit d’Ormuz fait craindre une nouvelle envolée du prix des carburants. Et c’est justement le moment choisi – non sans malice – par le député Philippe Brun pour livrer les conclusions de la mission d’information qu’il a mené sur les aides de l’État aux gros rouleurs.
La mission que nous avons conduite montre que c’est un échec total puisque seulement 24 % des Français qui pouvaient y prétendre ont eu recours à cette aide. Il devait y avoir 2,5 millions de personnes qui bénéficient de l’aide du gouvernement, on a réussi finalement à moins de 700 000. C’est donc un échec. On a arrosé du sable.
Comment l’expliquer ? C’est assez simple. Portail très complexe d’accès qui a été ouvert deux mois après le début de la crise sur le carburant. Je rappelle, le 28 février, on ouvre le portail, d’abord, on met en place le décret le 30 avril, on ouvre le portail fin mai et il y a encore des gens qui n’ont pas été versés aujourd’hui parce qu’il y a des délais de paiement, il y a des gens qui ont des critères un peu particuliers.
Ce matin, j’étais sur RMC, il y a un auditeur qui me disait qu’il ne sera versé qu’au mois d’août. Donc quand vous avez votre plein qui vous coûte les yeux de la tête au mois d’avril et qu’on vous verse l’aide au mois d’août, c’est assez logique que les gens n’y renoncent pas. Là, ce qui va se passer, c’est qu’on va pouvoir baisser les volumes pendant les vacances. Des gens qui sont déjà dans leur camping et qui vont devoir rentrer chez eux et ils vont devoir payer plein pot. Ceux qui partent, ils ne vont pas annuler leurs vacances.
Déjà que 70 % des français selon l’UFC que choisir, ont modifié leurs plans de vacances en raison de l’explosion des prix du carburant. Donc aujourd’hui, ce qu’il faut, c’est mettre en place un nouveau dispositif. Moi, ce que je propose dans cette mission, c’est qu’on adopte le modèle espagnol, c’est-à-dire une baisse automatique de taxe quand le prix augmente et ensuite un retour à la hausse de la taxe quand le prix baisse. Et cette baisse automatique, elle permet comme mesure d’urgence d’éviter cette flambée des prix. Elle est neutre, finalement, fiscalement pour l’Etat.
On montre que les aides mises en place par l’Espagne, notamment, n’ont coûté pour la TVA que 80 millions d’euros et environ 300 millions d’euros pour les baisses de taxe spécifiques sur les carburants. Donc, ça a été une aide qui a été efficace. Elle a baissé l’inflation. On a permis aux gens d’aller travailler, permettre aux gens d’aller en vacances et elle n’a pas eu un coût très élevé pour les finances publiques.
Donc, à partir de là, les soins palliatifs n’apportent pas des réponses dans tous les cas. Il faut qu’on soit en capacité de les accompagner lorsque pour eux, la vie n’est plus rien, ce n’est plus ce souffle qui peut apporter un peu de bonheur du quotidien.
Philippe Brun, député « Socialistes et apparentés » et rapporteur de la mission flash sur la gestion de la crise des carburants, le 15/07/2026
Arroser du sable
On a arrosé du sable, dit le député socialiste qui milite pour le retour d’une taxation flottante. C’est faux a rétorqué le même jour la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
Je trouve que c’est extrêmement méprisant pour tous les Français, d’abord, les plus d’un million de Français qui ont touché l’aide gros rouleurs de 100 euros, qui en avait réellement, réellement besoin. Plus d’un million cent. Je ne vous donnerai pas à l’unité près, mais plus d’un million cent à l’avoir demandée. Et à l’avoir d’ores et déjà touchée.
Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du gouvernement, le 15/07/2026
Eh bien, il ne reste plus qu’à vérifier les chiffres. 700 000 pour Philippe Brun, plus d’un million pour Maud Bregeon. On devrait savoir bientôt à quoi s’en tenir.
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