Se souvient-on que des syndicalistes et le patronat débattent du financement des retraites ? Jeudi ils ont tenu leur troisième réunion. S’en est-on seulement aperçu ? Pourtant, à la fin du mois de mai, les accords qu’ils auront pu conclure devraient donner lieu à un projet de loi soumis aux députés. Avec, à la clé, l’âge de départ en retraite.
Inéligible. Ou pas.
Dans deux semaines, le 31 mars, Marine Le Pen saura si elle est condamnée à une peine d’inéligibilité avec exécution provisoire. Ce qui pourrait compromettre sa candidature à l’élection présidentielle. En temps ordinaire, le suspense serait à son comble. Là, on est au mieux indifférent. Pourtant, au second tour de 2022, 13 millions de voix se sont portées sur son nom.
Petits meurtres entre amis (1)
Les socialistes préparent leur congrès. Il se tiendra du 13 au 15 juin. Boris Vallaud le président du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale vient de se déclarer candidat au poste de Premier secrétaire du PS. Contre Olivier Faure, donc. Dans le même temps, les opposants coutumiers du Premier secrétaire sortant se réunissent aujourd’hui pour trouver un candidat commun. Il n’est que les journalistes politiques pour s’intéresser à cette cuisine. Et encore.
Petits meurtres entre amis (2)
Le 18 avril, au terme d’un processus labyrinthique, les écologistes désigneront leur nouveau ou nouvelle secrétaire national(e). Marine Tondelier plombée par l’affaire Julien Bayou, accusé à tort de harcèlement sexuel et innocenté par la justice, pourrait ne pas être reconduite. Mais l’erratique vie des Verts – ce n’est pas Éric Piolle qui nous contredira, empêché qu’il est de devenir le porte-parole de son parti – ne passionne personne.
Et puis il a le congrès de LFI… Ah ben non ! Il n’y a pas de congrès dans le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Un souci de moins.
Quant à l’affaire de Bétharram et les mensonges de François Bayrou ou encore l’ultimatum adressé à l’Algérie par ce dernier, ils sont carrément sortis de l’écran.
War games
Tout cela, c’était avant. Avant le traquenard tendu par Trump à Zelensky dans le Bureau ovale. Avant que le Conseil européen ne décide du réarmement du continent. Avant que toutes les chaînes de télé n’installent un général à demeure sur leur plateau – ce dernier se montrant souvent bien plus mesuré que d’autres intervenants.
Le débat politique se résume désormais à la confrontation des va-t-en guerre et des munichois. Les premiers ne le sont pas davantage que les seconds. Mais cette ligne de partage a le mérite de rassurer face à une situation que l’on n’aurait pas imaginée, il y a encore deux mois. Voilà que deux impérialismes concluent un marché aux portes de notre continent sans même nous inclure dans la discussion. Du coup, comme l’oiseau tombé du nid, l’Europe doit rapidement prendre son envol si elle veut survivre. Tant mieux après tout. Il était temps de couper le cordon ombilical avec les États-Unis.
Comment ne pas avoir la trouille ?
La vérité est que les Français sont inquiets – toutes les enquêtes d’opinion concordent sur ce point – et personne n’a de certitudes sur ce qu’il convient de faire. Deux dingues disposant chacun d’un formidable arsenal nucléaire sont aux manettes du monde. Deux Néron dont le comportement échappe à toute rationalité. Comment une sourde angoisse ne s’emparerait pas du pays ?
Alors bien sûr, dans ce contexte, le refus d’Anne Hidalgo de soutenir son ancien bras droit, Emmanuel Grégoire, dans l’hypothèse où celui-ci viendrait à être désigné candidat officiel du Parti socialiste à la mairie de Paris, a autant d’importance qu’un pipi de chat, un soir de pleine lune d’une année bissextile.
En attendant
C’est ainsi. Il faut prendre patience. On le sait depuis le Covid et ses confinements, tous les tunnels finissent par déboucher sur la lumière. L’essentiel est de ne pas laisser le sommeil de la raison engendrer des monstres.
Serge Faubert
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