Existe-t-il, à gauche, un espace entre Jean-Luc Mélenchon et François Hollande ? Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti socialiste et Marine Tondelier, la patronne des écologistes, le croient. Non sans arrière-pensées. L’un et l’autre espèrent que la primaire qu’ils s’acharnent à défendre pourrait les amener à être le candidat de toute la gauche non mélenchoniste.
Mais comme le mouvement des planètes, la politique obéit aux lois de l’attraction universelle : la plus grande masse attire la plus petite masse. Au PS, ce sont les antimélenchonistes qui mènent la danse. Chez les écologistes, ce sont les pro-mélenchon qui s’agitent.
Divorce à la direction du PS
On a pu le vérifier encore ce vendredi. Le patron des députés socialistes, Boris Vallaud, a claqué la porte des instances de direction. Emmenant ses amis. Officiellement il s’agit de protester contre la « brutalisation du fonctionnement » des instances du parti, le « refus du fait majoritaire » et une « stratégie d’isolement et d’enlisement ».
Des formules qui masquent mal une divergence de fond sur la primaire. Boris Vallaud y est hostile. Il préfère que le PS désigne son candidat pour la présidentielle en interne. Un candidat qui pourrait être lui-même. Ou encore François Hollande…
Le député des Landes travaille également à la construction d’une coalition avec Raphaël Glucksmann, le leader de Place publique, et Yannick Jadot, l’ex-candidat écologiste à la présidentielle. Sans que pour l’instant, celle-ci ait produit grand-chose.
Quoi qu’il en soit, cette démission de la direction nationale est applaudie par Nicolas Mayer-Rossignol et ses amis. L’opposant de toujours à Olivier Faure y voit une forme revanche. Lors du dernier congrès du PS, le premier secrétaire n’était resté à la tête du parti que grâce à l’appui de Boris Vallaud.
Hollande en embuscade
Le Premier secrétaire étant désormais minoritaire dans son parti, la participation des socialistes à la primaire devient incertaine. Ce qui ne peut que réjouir François Hollande. L’ancien président de la République se refuse en effet à solliciter l’aval de quiconque pour se porter candidat en 2027.
Chez « Les Écologistes », Marine Tondelier, la secrétaire nationale, est également contestée. La primaire s’éloignant, ses opposants en interne demandent que sa désignation comme candidate du parti à la présidentielle soit rediscutée. Ils soutiennent que celle-ci ne valait que pour la primaire. À la manœuvre, on retrouve la plupart des cadres qui refusent de couper les ponts avec LFI. Et qui envisagent, le cas échéant de se rallier à la candidature Mélenchon.
L’hypothèse Ruffin
Si le PS se retire de la primaire, celle-ci n’aura plus de sens. À moins que François Ruffin, qui bénéficie d’excellents sondages ces derniers jours – il est en tête des candidats potentiels de la gauche – la transforme en rampe de lancement pour sa candidature. La troisième voie, entre Hollande et Mélenchon, n’est peut-être pas encore morte.
Serge Faubert
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