La France suffoque. Le second épisode caniculaire de l’année devrait s’étaler sur la semaine qui vient. 41 millions de personnes affectées, 60 départements placés en vigilance orange. 784 établissements scolaires fermés. La crise climatique devient aussi une crise politique.
Il ne s’agit plus de baisser les émissions de gaz à effet de serre, mais de s’adapter au réchauffement climatique. L’objectif d’une réduction annuelle de 4 % était trop ambitieux.
Plan d’adaptation au changement climatique
Depuis le mois de mars, le gouvernement dispose de la troisième version de son plan d’adaptation au changement climatique (PACC). Celui-ci doit préparer la France à une hausse des températures de + 2,7°C en 2050 et jusqu’à + 4°C en 2100. Il comporte 52 mesures déclinées en plus de 200 actions. Et il couvre la plupart des secteurs : assurances, logement, aménagement des territoires, énergie et transports, agriculture, forêts, santé, patrimoine naturel et culturel, conditions de travail, éducation, etc.
Pas de budget dédié
Formidable, dira-t-on. Il n’y a qu’à l’appliquer. C’est là que le bât blesse. Le plan national d’adaptation au changement climatique n’a pas de budget propre. Il est financé par une addition de dispositifs publics (fonds Barnier, fonds vert, agences de l’eau) et la participation espérée de financements privés (banques et assurances au premier chef). Un bricolage, en somme.
Fonds vert amputé
Et justement, le fonds vert, qui permet de soutenir les collectivités territoriales dans leurs investissements au service de la transition écologique, est menacé d’une réduction de 162,5 millions d’euros, soit une baisse de près de 20 %.
Il a déjà été très sérieusement amputé. Son enveloppe est passée de 2,4 milliards d’euros en 2024 à 837 millions pour 2026. Autrement dit, le principal outil qui nous permettrait d’affronter la canicule est sous-financé.
Trois milliards de moins pour l’écologie
C’est d’ailleurs l’ensemble du budget consacré à l’écologie qui est réduit. Il est passé de 24 milliards d’euros en 2024 à 21 milliards en 2025, soit une baisse de plus de 3 milliards d’euros. Cherchez l’erreur.
Le spectre de 2003
Lors de la canicule de 2003, on a enregistré une surmortalité de 15 000 décès. Cette surmortalité a surtout frappé les personnes de plus de 75 ans résidant en Île-de-France. Depuis, quelques mesures simples ont été mises en place. Par exemple des espaces climatisés dans chaque EHPAD. Mais il est certain que ces épisodes caniculaires à répétition vont faire des milliers de victimes. Parce que les différents gouvernements auront sacrifié l’espérance de vie des Français aux grands équilibres budgétaires.
Serge Faubert
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