
Son nom apparaît 685 fois dans les documents de l’affaire Epstein. Trois millions et demi de pages qui viennent d’être mis en ligne par le ministère de la justice américain. Mais Jack Lang, figure emblématique de la gauche caviar des années 1980, se refuse à démissionner de son poste de Président de l’Institut du monde arabe, l’IMA.
C’est une plaisanterie. L’IMA est plus solide que jamais. J’ai reçu d’ailleurs, depuis toutes ces histoires, des milliers de messages venant des pays arabes, de France et d’ailleurs.
Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe, le 04/02/2026
Appels à la démission
Pourtant, les appels à la démission se multiplient. Ségolène Royal, Renaud Muselier ou encore Jean-Christophe Cambadélis ont souhaité publiquement qu’il se retire. Sur Franceinfo, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, s’est montré très ferme. « À ce stade, rien n’implique Jack Lang dans les scandales sexuels, mais il doit réfléchir à sa démission pour protéger l’institution qu’il préside. J’ignore si Lang est coupable d’avoir, en connaissance de cause, fermé les yeux sur les agissements d’Epstein et si par sa fréquentation, il a participé à les couvrir. Mais ce qui d’ores et déjà heurte, c’est la façon dont il évoque aujourd’hui l’affaire.”
Je ne l’ai pas connu comme prédateur sexuel. Je l’ai connu quand il était assez proche de Woody Allen. Moi je n’ai jamais reçu le moindre centime de monsieur Epstein, et Caroline, pas davantage.
Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe, le 04/02/2026
Pourtant, l’ancien ministre de la Culture a bénéficié d’un coup de pouce de 58 000 dollars pour terminer un film à sa gloire. Son nom apparaît encore au détour de la vente d’un riad à Marrakech. Quant à sa fille, Caroline, elle avait fondé en 2016 une société offshore dans les îles Vierges avec Epstein. Et celui-ci, deux jours avant sa mort en 2019, l’a couché sur son testament pour la modique somme de 5 millions de dollars. A l’insu de son plein gré comme aurait dit le coureur cycliste Richard Virenque, puisque Caroline Lang affirme avoir ignoré l’existence de ce testament.
Lundi, elle a quand même démissionné de son poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante. Ça se passe comme ça dans cet entre-soi de connivence et de privilèges. On peut se retrouver sur un testament par inadvertance. Alors vous qui me regardez, n’hésitez pas à me porter sur votre testament. Même un million, je prends. Pour y voir clair dans ce déluge d’informations, le député LFI Antoine Léaument a annoncé mardi la création d’une commission d’enquête.
Il y a deux volets dans cette affaire. Il y a un volet qui est le volet pédocriminel, de traite d’êtres humains, et un volet qui est un volet sans doute politique, de questions d’ingérence, de questions de financement, parfois, de partis politiques. Et sur ces deux aspects, il nous semble nécessaire que la représentation nationale fasse sa part du travail.
Je veux insister sur ce point-là, parce qu’il me semble qu’il y a des dangers face à ces révélations. Le premier danger, ce serait celui du silence. Et je vois beaucoup de gens s’étonner à la fois du silence des politiques, puisqu’à part les responsables de la France insoumise je n’ai pas vu grand monde en parler et à la fois du silence médiatique, même s’il est en train de se corriger. Il est logique que quand il y a 3,5 millions de documents qui sont publiés il faille du temps pour pouvoir les analyser. Le danger principal, c’est celui du silence parce que ce silence alimente les théories du complot. On ne peut pas laisser une affaire comme celle-ci être alimentée par des gens, y compris qui viennent plaquer des théories du complot antisémites sur cette affaire Epstein. C’est pourquoi nous allons proposer une commission d’enquête.
Nous allons la proposer à la signature de l’ensemble des groupes républicains de notre Assemblée pour permettre qu’éventuellement elle puisse voir le jour dans le cadre d’une semaine transpartisane, ça serait l’idéal et ça permettrait à chacun de s’y impliquer compte tenu du fait qu’il y a plusieurs noms de Français qui sont cités dans cette affaire et qu’il faut bien, justement, faire la distinction entre ce qui peut relever de crime pédocriminel, de traite d’être humains et qui pour l’instant ne concerne pas à priori des noms d’individus français et ce qui relève du champ politique, du champ de l’ingérence, du champ du financement.
Antoine Léaument, député « La France insoumise », le 03/02/2026
La tâche est titanesque. Et même avec l’assistance des administrateurs de l’Assemblée nationale, les députés vont avoir du mal à venir à bout des trois millions et demi de pages. Surtout en six mois, le délai maximum accordé à une commission d’enquête pour mener à bien sa mission. Il n’en reste pas moins vrai que c’est là une initiative salutaire.
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