Le soulèvement du peuple iranien peine à s’imposer sur la scène médiatique. Et c’est bien regrettable. Ce n’est certes pas la première secousse que traverse l’Iran. En 2009, après une présidentielle contestée, ou en 2022, après la mort d’une jeune fille arrêtée pour un voile mal ajusté, d’immenses manifestations avaient ébranlé le régime.
Fraternisations
Mais cette fois, le mouvement est plus large et plus radical. Certaines villes échappent déjà au pouvoir central. Tandis qu’ici et là, des scènes de fraternisation entre les manifestants et les forces de l’ordre ont été observées.
Le déclencheur de la vie chère
Si la vie chère a été le déclencheur du mouvement, c’est bien la dictature des mollahs qui est contestée. S’obstiner à le nier comme le font, par exemple, les porte-paroles de La France insoumise, est stupide. Le mouvement des gilets jaunes, en France, s’est constitué autour de la taxation du diesel. Mais dès la troisième manifestation, les gens criaient « Macron démission » comme aujourd’hui les Iraniens crient « A bas le dictateur » – Ali Khamenei, le « guide suprême de la révolution islamique ». Il ne faut pas confondre le détonateur d’une crise et les racines réelles de celle-ci. En Iran, c’est bien la chape de plomb théocratique qui est visée.
Huis clos médiatique
Le pouvoir a fort bien compris que, dans cette confrontation, les images allaient le desservir : effet de contagion dans la population et condamnation internationale de la répression. L’Iran se retrouve donc privée d’internet depuis jeudi soir. Et la télévision d’État accuse Israël et les États-Unis d’encourager les désordres. Les observateurs redoutent que ce huis clos prépare une répression plus violente. À ce jour, au moins 51 manifestants auraient été tués depuis le début des émeutes selon l’ONG Iran Human Rights.
L’Iran, c’est un peu de notre histoire
En France, ce soulèvement devrait nous enthousiasmer. Car l’Iran, c’est un peu de notre histoire. Notre pays n’a-t-il pas hébergé l’Ayatollah Khomeini, à Neauphle-le-Château dans les Yvelines, les quatre mois qui ont précédé son retour en Iran en 1979 ? Quelques bonnes âmes parmi les intellectuels ne tarissaient pas d’éloges sur le religieux. Faisant ainsi, sans le savoir, le lit d’une dictature obscurantiste et sanglante.
Le boucher des communistes
À gauche, on devrait encore se souvenir que Khamenei fut le boucher, en 1983, du Toudeh – le Parti communiste iranien – sans lequel la révolution de 1979 n’aurait jamais triomphé. En quelques mois, des milliers de militants furent arrêtés, torturés et la plupart exécutés. Il y a là encore une addition à solder. Et une leçon pour ceux qui croient que les islamistes peuvent être des alliés dans les combats républicains.
Bombes à Paris
Et puis il y a les attentats terroristes de 1985 et 1986 en région parisienne. 14 morts et 303 blessés. Et l’affaire Gordji en 1987… Tout cela sur fond de promesses non tenues sur le nucléaire.
Ce qui se déroule aujourd’hui en Iran ne peut nous laisser indifférents. La fin de la dictature des Mollahs semble proche. Tant mieux.
Serge Faubert
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