La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, ne veut pas d’une commission d’enquête sur l’affaire Epstein

Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, le 10/02/2026 ©Europe1

Le macronisme agonise. Mais jusqu’à son dernier souffle, il abimera la République et ses institutions. Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, vient ainsi de refuser la création d’une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Epstein.

S’il y a des ramifications françaises, faire toute la lumière. Il faut que la justice puisse être saisie. Je vous rappelle, parce que j’entends des personnes qui veulent des commissions d’enquête parlementaire. La commission d’enquête parlementaire ne doit pas être en concurrence avec la justice. C’est la limite des commissions d’enquête. Ca ne peut pas, et pas sur les mêmes faits, pas sur les mêmes faits. Ca entraînerait de la confusion des pouvoirs.

Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, le 10/02/2026

Concurrence avec la justice, dit Yaël Braun-Pivet. Mais cette concurrence n’existe pas. A l’heure actuelle, il n’y a qu’une enquête du Parquet national financier contre Jack Lang et sa fille Caroline pour blanchiment de fraude fiscale aggravée. Et c’est tout ! Or l’affaire Epstein, en France, dépasse très largement la seule personne de l’ancien ministre de la Culture, aussi mégalomane fut-il.

Il y a d’abord le rôle de Jean-Luc Brunel, l’agent de mannequins qui s’est suicidé dans sa cellule en 2019. Très proche d’Epstein, ce français était accusé de viols par d’anciennes top-models. Son décès a entraîné la clôture de l’enquête judiciaire ouverte en France en 2019. Or il reste bien des choses à découvrir.

Par exemple, le rôle exact de Fabrice Aidan, ce diplomate français qui a côtoyé Epstein entre 2010 et 2017. Mardi 10 février, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a saisi la Procureure de la République de Paris au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Fort bien. Mais Fabrice Aidan n’est qu’un maillon de la chaîne. Car plus on avance dans l’exploitation des mails d’Epstein, plus on découvre d’intrigants personnages dont la trajectoire passe par la France.

Ainsi Daniel Siad, ce rabatteur né en Algérie qui possède également la nationalité suédoise. Il a opéré dans de nombreuses villes dont Paris. Mardi, une ressortissante Suédoise a porté plainte contre lui pour un viol commis dans les années 1990. La justice fera son travail. Du moins, on l’espère. Mais seule une commission d’enquête parlementaire peut embrasser toutes les activités de ce réseau en France : la pédocriminalité comme l’affairisme ou les stratégies d’influence. Cette commission, Yaël Braun-Pivet n’en veut pas.

Comme en 2018. Alors présidente de la commission des lois de l’Assemblée, elle avait enterré en grandes pompes l’enquête sur l’affaire Benalla. Au bout d’une semaine, la commission qu’elle présidait, transformée pour la circonstance en commission d’enquête, avait stoppé ses travaux au motif que la justice était saisie. Le Sénat, lui, n’a pas eu peur de son ombre. La Commission d’enquête mise en place par la chambre haute a mené un travail exemplaire sous la conduite de son président, le sénateur LR Philippe Bas. Le public ne s’y est pas trompé, puisque les auditions menées par la Commission ont enregistré des records d’audience.

Que dissimule cette frilosité de Yaël Braun-Pivet ? Rien d’autre que la trouille de voir ce scandale international tourner au feuilleton franco-français au fil des découvertes. Alors, comme Emmanuel Macron, la présidente de l’Assemblée nationale met la poussière sous le tapis.

Circulez, il n’y a rien à voir

Je n’ai pas peur, et je pense que c’est une affaire qui concerne surtout les États-Unis d’Amérique. Il y a des personnalités françaises aussi. Il y a des personnalités françaises qui sont citées, et donc la justice fera son travail. Mais je pense qu’elle concerne surtout les États-Unis d’Amérique.

Emmanuel Macron, président de la République, le 09/02/2026

Une affaire qui concerne surtout les États-Unis d’Amérique, affirme le président de la République. Mais si c’est vraiment le cas, pourquoi s’émouvoir de la création d’une commission d’enquête parlementaire. La refuser, c’est servir la soupe aux complotistes de tout poil.

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