
Les dimanches électoraux se suivent et se ressemblent si l’on en juge par les résultats de deux législatives partielles. A Orléans, la députée Renaissance Stéphanie Rist, l’actuelle ministre de la Santé, a été réélue députée du Loiret avec 62,1 % des voix. Ce scrutin a été marqué par une forte abstention : près de 70 % des inscrits ne se sont pas déplacés. La candidate du Rassemblement national, Tiffanie Rabault, qui s’était déjà présentée en 2024, gagne six points et frôle la barre des 38 %. La gauche, divisée, a été éliminée dès le premier tour. La candidate socialiste avait recueilli 27 % des suffrages contre 7 % pour le candidat insoumis.
En Haute-Savoie, le candidat de l’UDR soutenu par le Rassemblement national, Antoine Valentin a obtenu 45 % des voix au premier tour. Soit 5 points de plus qu’au premier tour des législatives de 2024. Au deuxième tour, il affrontera un candidat LR qui est loin derrière malgré le soutien de Bruno Retailleau et de Laurent Wauquiez.
Le candidat Place publique et Parti socialiste réunis se classe troisième (13 % environ). Celui de la France insoumise est à 6,5 %. C’est à Tours, en décembre 1920, au congrès de la SFIO, que se produisit le grand schisme de la gauche française. Celui qui sépara durablement cette famille entre socialistes et communistes.
Et c’est à Tours, justement, que ce samedi Olivier Faure et Marine Tondelier, se proposaient de retrouver un peu d’unité. Au moins le temps de désigner un candidat commun à l’élection présidentielle de 2027. S’il s’agissait de conjurer le passé, le lieu était adéquat. Mais il est à craindre que cette ville ne porte pas bonheur à la gauche.
Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise ne sont pas venus. Et le récent vote, vendredi, sur la motion de censure les confortent dans ce refus. Pour mémoire, écologistes, insoumis et communistes ont voté la censure alors que les socialistes se sont abstenus.
Si par exemple la France insoumise participait à cette primaire, ou même mes camarades qui eux ont tous voté la censure, ils vont accepter d’être représentés par quelqu’un qui a permis au macronisme de durer pendant 18 mois ? Vous voyez bien que non. Elle est morte d’avance, cette primaire ? En tout cas, elle ne donnera pas le vainqueur des prochaines présidentielles. Et j’ai tendance à penser qu’il y aura au moins deux candidats, moi c’est ce que je souhaiterais. Candidat de la gauche que j’appelle d’accompagnement, qui est compatible avec le macronisme, les gens jugeront, et un candidat de rupture. Et dans ces cas-là, traditionnellement vous savez ce qu’il se passe à gauche ? C’est qu’on prend la principale formation de ce camp-là et on l’occurrence c’est France insoumise.
Éric Coquerel, député « La France insoumise » et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, le 25/01/2026
Union sans union
Raphaël Glucksmann était également absent. On le sait, depuis le début il se refuse à participer à un processus de désignation collectif.
Cette primaire, c’est en quelque sorte une volonté de ne pas choisir. De ne pas choisir entre les deux pôles qui existent à gauche et qui sont structurés, et qui sont les deux identités politiques puissantes. D’un côté vous avez Jean-Luc Mélenchon, le populisme, la brutalisation du débat public, le refus de l’Union européenne, et de l’autre vous avez une gauche social-démocrate qui assume de vouloir gouverner le pays, qui est viscéralement proeuropéenne. Et c’est l’affirmation de ces deux pôles qui permettront d’enclencher des dynamiques.
Raphaël Glucksmann, député européen « Place publique », le 26/01/2026
Quant aux communistes, ils n’ont pas donné suite aux invitations qui leur avaient été lancées. Nous nous sommes rendus à Tours pour savoir comment on pouvait encore prêcher l’union après s’être séparés sur le budget.
Bras dessus, bras dessous, la gauche unitaire tenait conférence ce samedi à Tours pour dévoiler les modalités de sa primaire. L’unité en action devant les caméras, mais derrière la jolie photo de famille le PS vient de sauver le gouvernement Lecornu à l’Assemblée alors que tous ses camarades ont voté la censure. Les socialistes assument leur vote.
C’était des divisions sur le rapport à un budget qui est un budget de compromis entre la gauche et finalement le gouvernement, le Premier ministre, les macronistes. Ca ne nous empêche pas d’avoir des idées communes, des programmes communs et de les défendre.
Laurent Baumel, député « Socialistes et apparentés », le 24/01/2026
Leurs partenaires préfèrent parler d’une simple divergence stratégique.
Il faut arrêter de manière générale de surjouer le désaccord qui nous rendrait à jamais irréconciliables. Ca c’est faux historiquement et ça ne correspond pas au moment dans lequel nous sommes même si moi j’ai voté la censure et je n’ai évidemment pas du tout la même appréciation que ce qu’a fait le groupe parlementaire socialiste.
Alexis Corbière, député « Écologiste et social », le 24/01/2026
Simple, quand on veut
Notre responsabilité de parti politique c’est de ne pas passer toutes nos journées à jouer au jeu des 7 différences, mais de pouvoir avec nos partenaires politiques, même avec celles et ceux sur lequel nous avons des désaccords stratégiques, ça arrive, c’est la vie et il y en aura d’autres, nous disons que nous aurons une candidature commune à la présidentielle et nous disons surtout une chose très importante, c’est que nous faisons confiance aux électrices de gauche et écologistes pour le ou pour la choisir. C’est simple quand on veut.
Marine Tondelier, Secrétaire nationale des Écologistes, le 24/01/2026
Simple, Olivier Faure aimerait bien que ça le soit dans son parti. Le PS reste très divisé sur l’organisation d’une primaire de la gauche. Ses deux principaux opposants, Boris Vallaud et Nicolas Mayer-Rossignol, veulent une désignation d’un candidat en interne.
Bref, le chemin de l’union est encore long jusqu’à la primaire. Celle-ci aura lieu le 11 octobre. Les candidats devront réunir 500 parrainages de maires pour pouvoir se présenter. Le scrutin sera numérique mais aussi physique avec des bureaux de vote dans les 4055 cantons de France. L’ambition sera de réunir au moins deux millions de votants.
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