La guerre des gauches est repartie

Ces élections municipales auront donc laissé un champ de ruines à gauche. Au Parti socialiste, la guerre est déclarée entre Boris Vallaud, le patron des députés, et Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Le premier reproche au second les alliances passées avec LFI. L’intéressé rétorque qu’elles ont été décidées localement par des élus sortants de toutes les tendances du parti.

Aucun des opposants d’Olivier Faure n’a cependant demandé la démission du Premier secrétaire. Car c’eût été rajouter la crise à la crise. Le PS, en panne d’incarnation pour la présidentielle de 2027, ne peut s’offrir un de ces psychodrames dont il a le secret.

Abandonner la primaire

Mais Olivier Faure va devoir lâcher du lest. Abandonner, par exemple, le projet de primaire de la gauche initiée par Marine Tondelier et les purgés de LFI – Alexis Corbière, Clémentine Autain, Raquel Garrido… – pour lui préférer la désignation d’un candidat socialiste par les adhérents du parti.

Une perspective qui tombe mal pour la patronne des écologistes. Avec six grandes villes perdues – Bordeaux, Besançon, Strasbourg, Poitiers, Annecy et Colombes – Marine Tondelier se retrouve très affaiblie. Certes, Lyon a été conservée. De justesse. 

Mais cette déroute électorale suit de près un résultat médiocre aux élections européennes de 2024.

Les Écologistes en déroute

Marine Tondelier n’a jamais fait mystère de son appétence pour la présidentielle à venir. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’elle s’est efforcée d’être le dernier trait d’union entre La France insoumise et les socialistes. Mais cette posture de rassembleuse n’a pas été récompensée. A force de se placer entre le PS et LFI, Les Écologistes ne sont plus nulle part. Trop radicaux pour les uns, trop tièdes pour les autres. 

Si la primaire de la gauche, prévue pour le 11 octobre, se borne à départager Marine Tondelier de François Ruffin et Clémentine Autain, le comble du ridicule sera atteint. 

Mélenchon gagnant ?

Ce tumulte fait assurément le bonheur de Jean-Luc Mélenchon. Dans la bataille pour incarner le vote utile à gauche au premier tour, il marque des points.

Mais si la dispersion des candidatures peut être un atout pour le premier tour, elle devient un handicap dans le cas d’un second tour. Faut-il le rappeler, la gauche ne pèse que 28 % de l’électorat. Comment arriver à 50,1% avec une famille divisée par des haines recuites ?

Cet aveuglement collectif a quelque chose de suicidaire. Car à la fin, il y aura bien un roi. Le roi du cimetière.

Serge Faubert

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.