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Hollande : le retour du pestiféré de la politique française

Il y a trois mois, il annonçait dans les colonnes de l’hebdomadaire Marianne qu’il se préparait pour 2027. Mercredi soir, dans les jardins de la questure du Sénat, François Hollande a fait un pas supplémentaire vers sa candidature à l’élection présidentielle. Devant 160 invités, il a plaidé pour la construction d’une nouvelle gauche. Une troisième force – les deux autres étant LFI et le RN – qui rassemblerait la gauche réformiste et une partie du bloc central. Le projet n’est pas nouveau. Sous la IVe République, une telle coalition s’est installée au pouvoir entre 1947 et 1951, rejetant à la fois les communistes et les gaullistes.

Embouteillage au centre

Mais ce créneau est passablement encombré. De Gabriel Attal à Édouard Philippe en passant par Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et le futur candidat du Parti socialiste, ils sont légion à vouloir incarner l’espace entre les deux projets populistes.

Pourquoi François Hollande réussirait-il à s’imposer ? N’a-t-il pas dû renoncer à se représenter en 2017, tant il était devenu impopulaire ? Mais ce contentieux semble purgé si l’on s’en rapporte aux récents sondages. L’IFOP le classe parmi les personnalités politiques les plus appréciées tandis que l’institut Élabe le donne en tête des champions de l’électorat de gauche.

Retour en grâce du personnage

Un retour en grâce qui s’explique davantage par la campagne en demi-teinte de ses rivaux plutôt que par le talent propre de l’ancien président. Raphaël Glucksmann s’est laissé prendre dans le piège de la primaire du Parti socialiste tandis que Gabriel Attal peine à faire oublier son héritage macroniste. Édouard Philippe entretient prudemment le flou sur son programme et Bernard Cazeneuve souffre d’un réel déficit de notoriété. Quant au candidat du PS, c’est l’arlésienne.

Bref, personne ne s’impose vraiment. D’autant que les deux bulldozers du RN et de LFI travaillent chaque jour à réduire l’espace qui les sépare.

Le roi des décombres

François Hollande parie sur l’effondrement des prétendants du bloc central. Il espère s’imposer lorsque celui-ci ressemblera à un champ de ruines. Épouvantés par la perspective d’un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, les électeurs se tourneront vers lui. Du moins, veut-il le croire. Sa légitimité d’ancien président de la République ferait alors le reste. Il incarnerait le vote utile pour nombre de Français déboussolés.

Mais il faudra bien que François Hollande se décide à sortir du bois. Et c’est là que la stratégie pèche. Se déclarer trop tôt, c’est prendre des coups et s’user. Mais cultiver un entre-deux permanent entre le commentaire et la candidature ouverte, c’est prendre le risque de ne jamais rattraper ses concurrents.

Des intentions de vote qui restent faibles

Les paris vont bon train quant à la date où le revenant jetterait le masque. À la toute fin de l’année, disent les premiers. Plutôt début février disent les autres. Pour l’heure, en termes d’intentions de vote, le potentiel candidat ne dépasse pas les 9 %.

Même si le physique ne se prête pas à la métaphore, François Hollande est dans la situation de ces coureurs du Tour de France qui guettent le bon moment pour s’échapper du peloton et prendre l’avance qui les assurera d’être sur le podium à Paris. Il faut à la fois avoir les jambes et espérer que les plus proches au classement général soient déjà cramés par leurs efforts. Deux inconnues qui fondent la glorieuse incertitude du sport. Et parfois de la politique. Dans les deux cas, il faut savoir mouliner.

Serge Faubert

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