À Tours, ce samedi, une partie de la gauche s’essaie à retrouver une unité disparue. Au lendemain d’une motion de censure qui a échoué à renverser Sébastien Lecornu, il peut paraître paradoxal de voir ceux qui n’ont pas voté la censure – les socialistes – débattre avec ceux qui l’ont voté – les écologistes – du mode de désignation d’un candidat unique à la présidentielle de 2027. Mais il y embouteillage dans les candidatures.
Trois candidats se réclamant de la gauche
Et même si ce processus parvient à son terme, il y aura, a minima, trois candidats se réclamant de la gauche : Jean-Luc Mélenchon qui, après avoir clamé que la République, c’est lui, décide aujourd’hui que la gauche, c’est lui ; Raphaël Glucksmann dont le credo semble se réduire à « tout sauf LFI » ; et un candidat unitaire à choisir parmi Olivier Faure, Marine Tondelier, François Ruffin et Clémentine Autain.
Hollande en embuscade
Un quatrième larron pourrait bien sortir du bois : François Hollande, qui estime que cette dispersion à gauche pourrait bien le servir. Il serait le seul, alors, dans le camp réformiste, à avoir une notoriété suffisante. Reste à savoir si cette dernière ne serait pas son principal handicap. L’ancien président de la République a laissé un mauvais souvenir dans l’opinion.
Faure en liberté surveillée
Olivier Faure, qui est favorable à cette primaire initiée à Bagneux en juillet dernier, n’a pas les mains libres. Une consultation militante après les municipales devra valider la méthode retenue pour désigner un candidat. Et trois lignes s’opposent au PS. Celle de Nicolas Mayer-Rossignol, éternel opposant au Premier secrétaire, qui souhaite une fédération qui comprendrait, outre son parti, la Convention de Bernard Cazeneuve, Place publique et Yannick Jadot ; celle de Boris Vallaud qui veut bien d’une primaire dès lors que le PS aura désigné un candidat – peut-être lui – qui peut s’imposer dans cette compétition interne et celle d’Olivier Faure qui espère enjamber les réticences et les divisions de son parti grâce à cette primaire.
Les municipales départageront les candidats à la présidentielle
C’est le 11 octobre que devrait démarrer ce processus de désignation. Dans l’intervalle, les élections municipales auront livré leurs enseignements. Les rapports de force internes à la gauche se sont-ils modifiés depuis l’élection de 2022 ? Les candidatures insoumises auront-elles fait perdre des villes importantes aux écologistes ou aux socialistes ? LFI sera-t-elle parvenue à percer à Toulouse, à Paris ou à Marseille ?
Rééquilibrage en vue
Ce qui est certain, c’est que l’on s’achemine vers un rééquilibrage. Il sera déterminant pour l’avenir de cette primaire balbutiante. Si une force s’impose devant toutes les autres, la désignation du candidat à la présidentielle s’imposera comme une évidence. Mais le scénario d’un désastre en mars prochain est plus vraisemblable. La primaire apparaîtrait dans ce cas comme le moyen privilégié de recoudre les plaies et de limiter la casse. Ce qui ne serait déjà pas si mal. On a vu à Orléans, dimanche dernier lors de la législative partielle, ce qu’il en coûte à la gauche lorsqu‘elle se présente en ordre dispersé. Si la France insoumise n’avait pas fait cavalier seul, la candidate socialiste serait au deuxième tour, en lieu et place du Rassemblement national. Il serait temps d’ouvrir les yeux.
Serge Faubert